Les mots ont perdu leur force, leur contenu, leur signification : qui a réagi, qui a levé les yeux un instant en lisant La Croix (15 janvier 08) “Le président Georges W. Bush est arrivé hier à Riyad avec la promesse d’une importante vente d’armes et l’intention de rallier l’Arabie Saoudite à ses efforts pour forger la paix entre Israéliens et Palestiniens et contenir l’Iran”.
Ainsi, il apporte des armes, il veut la paix. Armes, paix. Pourtant, armes=guerre. Ou armes=massacres, génocides, pouvoir illégitime. Armes=instabilité durable, à double tranchant (cf Talibans). “Qui veut la paix prépare la guerre” rappellait hier soir un officier sur France Culture en invoquant sa manière de légitimer le métier de soldat auprès des jeunes recrues. Cette maxime nous vient de loin, de très loin… Des Romains. C’est vraiment très lointain ça ! Nous qui rions tant de leur conception du monde, de leur vision de la science, des dieux, de l’homme. Nous en gardons deux choses : le droit, et la légitimation de la force par le droit.
On oublie parfois malgré le fait que la plume soit considérée comme l’arme la plus retoutable d’entre les puissantes, de faire attention à la signification profonde des mots qu’on emploie.
Signification morale d’abord. Si l’on ose parler, dans la même phrase de « condamnation à mort » de journalistes français dans un pays où deux secondes plus tards on annonce qu’AREVA a négocié une augmentation de seulement 100 % du prix de l’uranium qu’elle extrait.
Incohérence et abus sur le sens des mots, c’est ce que l’on devrait dire sur les discours d’un président qui se réclame de la sauvegarde des valeurs spirituelles. Valeurs qu’il dit lui tenir à cœur dans sa politique de civilisation sans qu’il perçoive le sens profond de civilisation qu’il n’oserait invoquer dans le cas contraire. Valeurs spirituelles alléatoires, immorales puisque fondée sur rien, sur le vide, sur la vague évocation d’un principe d’égalité, de fraternité, d’entraide entre les hommes. Principe d’ailleurs tellement ancré dans ses actions qu’il est un vrai visionnaire, qu’il a réussi à percevoir la marche globale du monde grâce à cette vision des impulsions spirituelles qui nous guident.
Situation cocasse enfin, que les mots nous font vivre : « les anesthésistes continuent leur mouvement de grève ». Cela me rappelle que je vais chez le dentiste vendredi, et que si je pouvais émettre un souhait, ce serait que les syndicats d’anesthésistes puissent trouver un compromis avec notre gouvernement…
Garde à nous, que cette arme de construction massive qu’est la plume ne se retourne pas contre nous à notre insu à cause de notre manque de rigueur et de cohésion !
Mots-clefs : armes, Bush, France Culture, guerre, histoire, médias, mots, paix, radio, Sarkozy
janvier 20, 2008 à 1:21
[...] Les mots, l’histoire. Les mots ont perdu leur force, leur contenu, leur signification : qui a réagi, qui a levé les yeux un instant en lisant La Croix (15 janvier 08) “Le président Georges W. Bush est arrivé hier à Riyad avec la promesse d’une importante vente d’armes et l’intention de rallier l’Arabie Saoudite à ses efforts pour forger la paix entre Israéliens et Palestiniens et contenir l’Iran”. Ainsi, il apporte des armes, il veut la paix. Armes, paix. Pourtant, armes=guerre. Ou armes=massacres, génocides, pouvoir illégitime. Armes=instabilité durable, à double tranchant (cf Talibans). “Qui veut la paix prépare la guerre” rappellait hier soir un officier sur France Culture en invoquant sa manière de légitimer le métier de soldat auprès des jeunes recrues. Cette maxime nous vient de loin, de très loin… Des Romains. C’est vraiment très lointain ça ! Nous qui rions tant de leur conception du monde, de leur vision de la science, des dieux, de l’homme. Nous en gardons deux choses : le droit, et la légitimation de la force par le droit. On oublie parfois malgré le fait que la plume soit considérée comme l’arme la plus retoutable d’entre les puissantes, de faire attention à la signification profonde des mots qu’on emploie. Signification […] [...]