Le poids de la liberté

Willy est libre, il ne le sait pas. Il cherche le bonheur, il ne s’en soucie pas : pour lui n’est libre que le dé, le roi, la dame ou le valet.

Lilly a envie d’être libre, elle ne l’est pas. Tout ce qu’elle aimerait avoir être une star, jamais elle ne l’aura, jamais elle ne le sera.

Ils sont tous libres, ils ne le savent pas. Pareils à des prisonniers, ils purgent leur perpétuité. Ce qu’ils oublient, c’est que sous leurs chaînes, leur coeur bat. Ce coeur qui bat, c’est leur vie, c’est leur responsabilité. Responsabilité, car ce coeur est libre.

D’ailleurs, comment comprendre ce qu’est la liberté si on ne peut pas la vivre ? Peut-on se représenter une couleur que l’on a jamais vue ? On peut objecter que la liberté n’est qu’un concept vide, sans contenu. Cependant, on lui a donné un nom. Nomme-t-on ce qu’on ne peut pas se représenter, les couleurs inconnues ? Peut-on les décrire, les définir ? Comment faire comprendre la musique à celui qui n’entend pas ? En faisant appel à ce qu’il ressent comme similaire. Il peut comprendre la musique, même s’il ne l’entend pas. Il l’entend potentiellement. Nous sommes potentiellements libres.

Cette liberté, une fois qu’elle existe dans notre conscience, est le plus lourd des fardeaux, la plus lourde charge. Celui qui l’ignore se laisse gouverner, celui qui la comprend est écrasé.

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